Tour du Mont Blanc à VTT
- Photos en bas - lisez le texte en attendant que ça charge -
Que faire de mes vacances ? Le problème était posé, il ne restait plus qu'à le résoudre... Un petit coup d'oeil dans le catalogue UCPA (www.ucpa.com) m'aida à trouver la destination qui tue ! Faire le Tour du Mont Blanc à VTT, pourquoi pas, c'est l'occasion de voir du pays tout en prenant son pied au milieu des belles montagnes. Ce Tour, on l'a fait en 5 jours, en itinérance, avec un sac à dos d'environ 7 kg. La nuit on dormait en gîte, ce qui est toujours l'occasion de faire des rencontres pour le moins fascinantes ! Merci aux ronfleurs.
Nous voici donc le lundi 30 juillet 2001 vers 8 h du matin. On est aux Contamines Monjoie, en Haute Savoie. Le groupe est composé de 10 "raideurs" plus un "guide-moniteur". La première journée s'annonce assez facile, du moins par rapport aux autres. On traverse la Vallée de Chamonix, en passant par le col de Voza, 40 km et 780 m de dénivelée pour cette journée. L'ascension du col de Voza est assez raide, et sur 11 seuls 2 ne mettent pas pied à terre ; les autres voulant très certainement ne pas donner tout le premier jour, ce qui est un choix judicieux ! Après Chamonix, on prend un sentier en balcon menant jusqu'à Argentière, assez technique et donc très sympathique. La nuit se passera à Argentière, dans un centre UCPA, dans lequel je me suis pommé et où je me suis retrouvé tout seul à table, comme un con... C'est pas grave. Le soir, on fait semblant de jouer au volley ball, et un peu de Diablo où Romain nous fait quelques frayeurs. Ce mec est un taré !
Mardi. La fatigue de la veille... Fatigué au bout d'un jour ! Mort de rire ! Ben oui mais quand on habite toute l'année entre 5 et 30 m d'altitude, la montagne ça fait bizarre ! Cette journée de mardi serait pour moi la plus mauvaise. Il y avait beaucoup trop de route, et des chemins pas terribles. Tout le monde a en tête la grosse journée de mercredi qui nous attend ; et Joseph "le guide" nous averti : "N'allez pas trop vite, la semaine n'est pas fini !". Partant d'Argentière on arrive à Champex, en Suisse, après une longue ascension pénible sur le bitume. Je m'amuse à prendre les virages à la corde, là où c'est le plus raide, histoire de faire le contraire de ce que conseille Joseph... C'est peut être plus raide, mais c'est aussi plus court ! Les cols du jour : Col des Montets, Col de Forclaz. Environ 46 km et 900 de dénivelée. Cette journée m'a vraiment "daillé" je me suis fait chier, et j'aime pas le bitume ! J'aurai encore préféré me taper les 3 heures de portage en passant par les sentiers pour randonneurs à pied. Le Chalet à Champex est fabuleux, hyper propre, c'est la Suisse !
Mercredi. C'est la journée la plus dure disait-on. Objectif de la journée : Champex => Courmayeur, via le Grand Col Ferret ( env. 2500 m). 51 km et +1600 de dénivelée. Jaques profite de ce jour pour nous fausser compagnie. Il a mal à la cuisse, il choisit l'option "je redescends 30 km jusqu'à Martigny et je rentre en train". Ça fait réfléchir tout le monde, et on se dit "pourvu que le prochain ne soit pas moi". À l'ascension du col ferret je suis tout content : y'a de la neige ! Seul problème, dans la neige le VTT plante ! Boh... Je suis un des rares abrutis du groupe qui s'entête à tout passer sur le VTT, malgré les conseils de Joseph "économise ton énergie"... Mouais, ben moua je suis VTTiste, alors je reste sur le vélo tant que possible ! Non mais des fois ! Pareil en descente... "Soyez prudents, faut pas se blesser" Ben voyons. Allez hop ! Je descends même pas ma selle (qui doit dépasser d'environ 20-25 cm...) et j'attaque la descente. Y'a des trous partout, chouette ! Tous les copains se la jouent "prudence" sauf Benjamin qui est déjà loin devant... Ah ces belges ! Mon objectif : le rattraper. Ben j'ai perdu. Ce mec est un bourrin ! Petite anecdote : une flaque de boue dans la descente d'environ 5 km, et bien elle est pour moi ! Je plante la roue avant jusqu'au moyeu, OTB (over the bar) et paf ! Le flanc gauche dans la boue... Oh.... Fait chier j'ai qu'un cuissard pour la semaine... Laurent, qui me suit de près rigole, s'arrête à 10 m de la flaque et repart. Paf ! Lui aussi se vautre. Y'a pas à dire, on est vraiment pas doué. Pendant ce temps Benjamin est à perpette. Tant pis ça sera pour la prochaine fois. Sur la fin de la descente, je pince sur une grande piste roulante où je faisais encore le zouave. Pendant que je répare, Benjamin en profite pour tester le VTT de Grégoire : Shling ! La patte de dérailleur ! Dommage pour le Sunn... On trouvera à Courmayeur un marchand de cycle qui la redressera tant bien que mal, mais Grégoire n'aura plus droit à son 22*34. Après la pause "magasin" à Courmayeur il nous reste une dernière ascension jusqu'à une bergerie "La Trappe". J'ai bien cru que j'allais explosé ! J'ai jamais eu aussi faim de ma vie. Dès le départ j'étais à la ramasse à 100 m du groupe, et puis les autres se sont tous mis à péter les uns après les autres, pour mon plus grand bonheur ! Y'a pas à dire le mercredi aura été dur pour tout le monde, avec au final une douche glacée "avec l'eau du torrent" ! Heureusement on aura eu beau temps toute la semaine.
Jeudi. Après ce fameux mercredi, la fatigue est bien là. Y'a pas de doute. De La Trappe on descend jusqu'à Courmayeur où l'on prend le téléphérique puis un télésiège. J'aurais bien tout fait sur le VTT, mais bon c'était pas de l'avis de tout le monde... En haut du télésiège : 2 options. Soit on descend, soit on continue à monter par un balcon. On vote. 3 oui, 6 non. Patrice décide : on monte ! Vive la démocratie ! Comme d'habitude tout le monde fait tout à pied. C'est un peu dommage mais bon. Je persiste et je signe : je monte sur le vélo, en faisant plein de mini-pauses du genre "je prends 50 m aux piétons et je les attends histoire de reprendre mon souffle". La descente qui suit est magnifique, tout passe sur le vélo, et certains passages sont assez tendu comme 4 épingles à flanc de ravin (y'avait même une barrière en bois). J'étais trop fier de moi ! J'ai bien pivoter sur la roue avant, et avec un sac à dos de 7 kg plus un Sunn Exact "fait pour aller tout droit" c'est pas évident. Cette descente était vraiment fabuleuse. Benjamin se fait une frayeur : il roulait comme un fou et d'un coup il se retrouve avec un arbre en plein travers... C'était très chaud pour lui ! Arrivé en bas on prend 3-4 photos en attendant les "prudents". Puis on attaque le Col de la Seigne. A mi-ascension on fait la pause pic nic. C'est la plus sale idée de la semaine ! Pour repartir j'étais complètement naze. On était 2 avec Benjamin à ne plus en pouvoir. Merci les 4 tranches de jambon, les 300 g de Yabon, les grosses tranches de fromage ! J'aurais bien fait une sieste de 2-3 heures avant de repartir, mais Joseph semblait pressé. Le col de Seigne doit être à environ 2500 m, et en haut il fait pas chaud. De plus l'ascension est pénible et impraticable sur la fin. Je me mets le VTT sur le dos, soit 7+12=19 kg sur le dos. Ajouter à ça le repas du midi et vous comprendrez pourquoi je haie le Col de Seigne ! La descente est parfaite, et technique. Il nous reste encore un col par le bitume où l'on se fait enrhumé par un cyclotouriste... Pfff... Et puis on arrive enfin au refuge, pour la plus belle nuit de ma vie. Je me retrouve à 10 cm d'un mec qui devait peser 2 quintaux, et qui venait redescendre les vaches ou que sais-je. Bref de bons gens du cru ! Faut pas se moquer... même s'il y a matière à.
Vendredi. Dernière journée, normalement facile. A la première ascension je décide de mettre le paquet. D'abord je m'arrête pisser. Puis je mets les watts. Je dépasse tout le groupe, jusqu'à Pierre et Benjamin. Je file, et Ben m'accroche. Qu'est ce que c'est haut ! Et puis ce con de belge derrière il a la forme ! Dans les 50 derniers mètres je tombe 3-4 dents, mais rien à faire, il me met 5 bons mètres. Dégoutté. Pas grave. Tout les deux, on est persuadé d'être au sommet. Joseph arrive, et mauvaise nouvelle : on n'en est qu'à la moitié ! Ben zut alors, moi j'avais déjà sorti les moufles pour attaquer la descente ! La dernière moitié se fera plus doucement, et c'est pas plus mal. Comme d'habitude, une fois en haut on redescend ! Par un chemin plein de cailloux ! Je lève le pied en me disant "gaffe à la patte de dérailleur". C'est une bonne descente vraiment casse gueule, et mon pauvre Sunn de compèt est vraiment à la rue ! Cette obsys, avec 4 cm de débattement a vraiment du mal à suivre ! On fini la journée par le Mont Joli, puis nous voilà de retour aux Contamines. La boucle est bouclée. Et la tête est bien remplie de bons souvenirs.
Cette semaine fut super sympa, on a vu le Mont Blanc dans tous les sens, mais on n'est pas allé bien haut, 2500 maxi. Un grand merci à Joseph pour nous avoir dévoilé ses coins secrets, tout seul je me serais paumé mille fois !